Celui que l’on n’hésite pas à appeler « le Nijinski du flamenco » a appris la danse avec son père
José Galván à Séville où il est né. Reconnu dans le cercle des grands créateurs contemporains,
Israel Galván appartient à cette tribu d’artistes qui, tout en respectant la tradition, la bousculent et se démarquent par leur inventivité et leur liberté. Renonçant d’emblée aux figures, aux pas et aux poses caractéristiques de la danse flamenca, il a créé une gestuelle très personnelle, à la fois toute en puissance et en retenue, pour n’exprimer que l’essentiel. Sa façon de « remplir » les silences est unique : il les intègre pour mieux les danser, les vivre, comme possédé.
Israel Galván a imaginé Tabula rasa avec deux interprètes majeurs du monde flamenco, la chanteuse Inés Bacán et le pianiste Diego Amador, voulant offrir au public un exemple de sa méthode de travail et dévoiler le moment où le danseur tourne la page pour passer d’un processus de création à un autre. Littéralement, il fait « table rase » pour recommencer à zéro. Mais est-ce possible face à un monument comme le flamenco, où la tradition et le passé comptent tant, d’inventer quelque chose de nouveau ?