Jacques Osinski est de ces metteurs en scène sensibles et élégants dont le geste artistique repose sur une éthique du théâtre, fondée sur le respect des anciens. Il est de ceux qui renouvellent les esthétiques en douceur, sans ostentation, mais avec la détermination qu’arment sa ténacité et son goût du travail bien fait. Il s’attaque au concret du plateau – espaces, durées, images, personnages – mais traque dans les textes ce qui ne s’y voit pas et qui seul l’intéresse : l’irréel, l’onirique. Il aime l’intime et l’étrange, préfère les dérèglements à la logique et Shakespeare lui tend les bras. Shakespeare, magicien du merveilleux, maître de la fantaisie. Shakespeare dont rien n’arrête les désirs. Le Conte d’hiver est un conte qui se lit à l’envers. À l’aurore d’une vie. Quand tout s’éteint et que tout recommence, dans la féerie et la jubilation, quand l’enfant reprend le pas sur l’adulte, quand la mort s’efface devant une renaissance que la nature s’emploie à sublimer. Venez rêver avec Shakespeare, le voyage vaut le détour, cet ailleurs ne ressemble à rien de ce que vous connaissez. Jacques Osinski rend l’impossible possible. Miracle du théâtre !
samedi 24 mai 2008 | salle Jean Besse | entrée libre
à 17 h Oracle, destin, désir comme la mise en scène des effets de l’inconscient freudien prémonitoire dans le théâtre de Shakespeare
conférence F.E.D.E.P.S.Y. animée par Pierre Jamet, psychiatre-psychanalyste