La Filature

Avant la Révolution

Ahmed El Attar

mer. 24 janv. 2018 20h30
jeu. 25 janv. 2018 19h00
salle modulable
50 min environ
en arabe surtitré en français
création 2017

La révolution égyptienne a commencé le 25 janvier 2011. Elle a représenté le plus grand mouvement populaire qu’ait jamais connu le pays. S’en est suivi un changement de régime porté par un soulèvement citoyen inédit, occupant de façon croissante l’espace de la désormais mondialement célèbre place Tahrir. Ahmed El Attar fait partie des metteurs en scène qui essaient de réinventer le milieu culturel cairote. Avec son regard attentif aux évolutions politiques et sociales, il développe un théâtre qui fusionne documentaire et fiction pour parler du présent. Mais comme il n’est actuellement pas possible en Égypte de raconter ce qui se passe depuis ce fameux 25 janvier, Avant la Révolution lui permet d’évoquer en creux la situation du moment en mettant en scène la façon dont on se souvient du temps d’avant. À hauteur d’homme et de femme sont abordées dans une scénographie minimaliste les thématiques de l’amour, de la famille, de l’oppression, de l’argent et de l’avenir. Conçu comme un hommage au collectif britannique Forced Entertainment (qui a su parler de la guerre de façon à la fois grave et légère), ce spectacle met face-à-face deux comédiens qui disent le passé. Une pirouette habile pour évoquer le présent.

+ conférence « Place Tahrir : 7 ans après » par Stéphane Lacroix, Professeur à Sciences Po et chercheur au CERI, en écho au spectacle mercredi 24 janvier à 19h (entrée libre).
Le 25 janvier 2011 débutait en Égypte un processus révolutionnaire qui, en l’espace de 18 jours, eut raison du président Hosni Moubarak, qui gouvernait le pays d’une main de fer depuis 30 ans. Au terme de deux ans et demi d’une transition démocratique fragile et pleine d’incertitudes, l’armée, sous la férule du maréchal Abdelfattah Al-Sissi, renversa à l’été 2013 le premier président démocratiquement élu du pays, le Frère musulman Mohamed Morsi, avec l’appui d’une partie de la population traumatisée par l’instabilité chronique et demandeuse d’un retour à l’ordre. Après plus de quatre ans de « contre-révolution », le pays est pourtant loin d’être revenu à la normale. La situation économique s’est dégradée, et les mouvements sociaux persistent, en dépit d’un durcissement notable de la répression. Que reste-t-il aujourd’hui des espoirs et des revendications de 2011 ?

Feuilletez ici le programme du festival les Vagamondes !

facebook rejoignez l’événement !