La Filature

Sound of Music

Yan Duyvendak, Andrea Cera, Olivier Dubois, Christophe Fiat, Michael Helland

sam. 24 sept. 2016 20h00
grande salle
1h10
en anglais surtitré en français
danse
comédie musicale

soirée d’ouverture de la saison 16-17 rendez-vous samedi 24 septembre dès 18h, entrée libre. plus d’infos

Pas d’entourloupe dans Sound of Music de Yan Duyvendak. Cet artiste nous promet une comédie musicale. Et c’en est une, dans les sommets du genre. Douze danseurs-chanteurs de Broadway s’y démènent, aux côtés de danseurs invités, dans une abondance de mouvements et musiques magnifiquement réglés, déploiement de costumes scintillants sur fond de décor rutilant. À noter que les danses ont été confiées au chorégraphe Olivier Dubois, connu pour sa fameuse pièce Tragédie. On en reste soufflé, d’autant qu’on connaît Yan Duyvendak comme artiste de l’art-performance, investi dans la déconstruction des codes de la société du spectacle. Oui mais alors, il faut fouiller quelque peu l’histoire ; constater que la comédie musicale aura brillé de ses feux les plus intenses au moment de réagir à la terrible dépression de 1929, ou encore au sortir de la seconde Guerre mondiale. Sound of Music cherche une réponse au degré des angoisses les plus actuelles, qui sont celles de la fin possible de toute forme de vie sur terre suite aux catastrophes mondiales (changement climatique, surpopulation, famines, guerres…). Ses textes, chevillés à l’époque, sont signés de l’auteur expérimental Christophe Fiat. C’est comme un cauchemar heureux. Bien entendu, le public y aiguise un sens critique exquis, confronté qu’il se trouve, à une satire de la surenchère spectaculaire.

www.soundofmusic.duyvendak.com
www.duyvendak.com

« Une comédie musicale, spectaculaire, absolument éblouissante, technique, avec une histoire, une fin heureuse, des corps sublimes, de la technique virtuose, des lumières aveuglantes. Parce que c’est beau. Parce que ça fait du bien. Parce que c’est nécessaire de lâcher prise, momentanément, en tant que citoyen du monde. Mais simultanément, de dire que l’abrutissement est néfaste. Qu’il ne faut pas lâcher. Qu’il est nécessaire de réfléchir. De se positionner dans le monde. Que la culture qui éclaire n’est pas celle qui aveugle. Et donc d’éclairer l’aveuglement de la comédie du monde. Et travailler l’angoisse existentielle que la comédie musicale est censée apaiser. » Yan Duyvendak

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