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classe préparatoire théâtre

classe préparatoire théâtre

Unique formation de ce type implantée dans une Scène nationale, la Classe Préparatoire Théâtre « Égalité des chances » a été créée en 2018 par La Filature, Scène nationale de Mulhouse dans le cadre d’un partenariat fort avec le Théâtre National de Strasbourg, la Faculté de Lettres, Langues et Sciences Humaines de l’Université de Haute Alsace) et la Cie Longtemps je me suis couché de bonne heure de Blandine Savetier. Cette formation est agréée par le ministère de la Culture depuis juillet 2020.

Destinée à des futurs et jeunes comédiens recrutés sur critères artistiques et sociaux, cette formation gratuite d’une an est conduite par Blandine Savetier (Responsable pédagogique) et les cours sont dispensés par des intervenants professionnels. Pratique de l’art dramatique, préparation de scènes, travail corporel et vocal, mais aussi cours théoriques sont au programme. L’année est rythmée par les concours d’entrée des Écoles supérieures d’art dramatique auxquels la Classe accompagne les élèves.

Promotion 2021-2022 : en cours

En septembre 2021, 10 jeunes élèves comédiens ont intégré la 4è promotion de la Classe Préparatoire : Colomba AUZENEAU, Kaito BERNHART, William BURNOD, Branwen CORBETT, Omer KOCAK, Arron MATA, Léa REINHARDT, Emmanuel ROCH, Lina SANDOVAL, Olivier SANGWA.

Blandine Savetier (metteuse en scène) : responsable pédagogique
Élisa Beardmore (La Filature) : directrice des études
Denise Hoffstetter (La Filature)

PLUS D'INFOS
Élisa Beardmore
T 03 89 36 28 19
classeprepa@lafilature.org

FORMATION AGRÉÉE
par le Ministère de la Culture
EN PARTENARIAT
avec La Filature, Scène nationale de Mulhouse, le Théâtre National de Strasbourg, la Faculté de Lettres, Langues et Sciences Humaines de l’Université de Haute-Alsace et la Cie Longtemps je me suis couché de bonne heure.
AVEC LE SOUTIEN
Ministère de la Culture - DRAC Grand Est
Région Grand Est
Ville de Mulhouse
ET DES PARTENAIRES
Clemessy
Sauter
Solinest

+ promotion 2020-2021

en septembre 2020, 9 jeunes élèves comédiens ont intégré la 3e promotion de la Classe Préparatoire : Anzmat Ahmadi, Yannis Amouroux, William Burnod, Branwen Corbett, Léa Di Lauro, Omer Kocak, Maï-Linh Leffray Bidous, Juliette Marcaillou et Olivier Sangwa.

C’est une année difficile qu’a passé la promotion 20-21, la crise sanitaire conduisant à la suppression de certains concours et un calendrier bouleversé pour les autres, certaines épreuves privilégiant la sélection sur vidéo. Au final, les élèves ont passé 40 concours dans 8 écoles différentes. Dans 6 d’entre elles, de 1 à 4 élèves ont été retenus jusqu’au dernier tour. Malheureusement, aucun élève n’a décroché son entrée dans une école. 4 d’entre eux poursuivent leur parcours pour une deuxième année au sein de la Classe préparatoire – théâtre de La Filature.


+ témoignage de Blandine Savetier

Pourquoi avez-vous souhaité travailler sur le projet des classes préparatoires de théâtre et avec les élèves acteurs de la classe préparatoire ?

Le désir d’inventer dans un cadre défini, une certaine liberté, d’y impulser un esprit, une vie et une rigueur de travail. Je dis « une certaine liberté » car l’objectif apparent de ces classes est de préparer les concours pour l’entrée dans une école nationale de théâtre. Il y a donc une contrainte forte de la préparation des concours et par conséquent du résultat. Mais tout le challenge c’est de transformer la contrainte concours, ne pas l’avoir comme point de mire. Changer le tropisme de la réussite, de l’efficace, dans une rencontre avec soi-même, qui se fait en présence des autres. À travers la parole d’un poète, d’un silence, d’un geste ou sa propre parole. Un dire qui nous traverse et non qui est devant. Un point fondamental qui diffère avec les autres écoles qui préparent aux concours d’écoles nationales, c’est la gratuité donc la prise en considération d’un potentiel artistique mais aussi de la discrimination sociale comme critères de sélection.
Je sais d’expérience que faire du théâtre ou poursuivre une grande ambition quand on vient d’un milieu socialement défavorisé, ou d’une minorité, est un parcours de combattant. Les grands romans m’ont sauvée et certains penseurs et pédagogues, en particulier, m’ont aidée à surmonter l’exclusion bien pensée mais aussi à combattre mes propres forces destructrices d’illégitimité et de honte.
Des mécanismes insidieux d’exclusion produisent une fatalité sociale, instillent à un groupe social qu’une forme d’accès à l’art, à la culture, n’était pas pour eux. Que nous devions nous tenir dans l’ombre et ramasser les miettes. Œuvrer dans cette classe est une façon d’agir sur les injustices qui suintent depuis des décennies dans le théâtre et auxquelles j’ai été confrontée.
L’idée d’aider à mon tour des jeunes issus de milieux défavorisés, ou discriminés à réaliser leur rêve, va de soi. C’est d’autant plus important que s’ajoute pour eux souvent un obstacle ethnique. Alors contribuer à bousculer ce conservatisme est pour moi salutaire, naturel. Faire sauter les plafonds de verre pour moi comme pour eux, c’est l’engagement d’une vie. Réussir à décloisonner les imaginaires des deux côtés, permettre que l’espace de projection d’un rêve soit possible. Ce que convoque justement la grande littérature en nous est notre capacité non pas à juger mais à nous mettre à la place d’autrui.

Pouvez-vous nous parler de votre geste pédagogique et artistique ?

La classe préparatoire, c’est l’occasion de pouvoir repenser l’enseignement initial, les fondamentaux, questionner et partager une expérience, ma pratique du théâtre. Transmettre me déplace. C’est un travail sur l’ouvert qui opère. Aller à la rencontre d’un autre, c’est aller à la rencontre d’un nouveau paysage. Encore plus avec les classes préparatoires, où se côtoient des univers différents, d’autres visions du monde, différentes classes sociales, différentes cultures, d’autres rapports aux langues, au rythme, aux mythes, au jeu. Ce travail de laboratoire, de transmission se fait des deux côtés, c’est un véritable apprentissage aussi pour le pédagogue.
Sur un plateau, je suis à la quête avant tout d’un acteur vivant et au présent : la question est donc comment amener l’acteur à flairer cet endroit et le faire grandir ? À être libre dans un cadre ? Comment susciter l’imaginaire, le rêve et le désir de se dépasser, de toucher des vérités plus grandes que soi ? Tout mon travail vise cet objectif. Comment nous connecter à notre être profond ? Le mystère d’apparaître et de disparaître.
Pour cela, le rendre indépendant du regard paralysant. Enlever ses peurs, encourager tout en le déplaçant du confortable et du juste pour lui faire palper le goût du risque. Le sensibiliser, sur sa nécessité profonde de venir sur un plateau. Faire éclater les frontières de son imaginaire, afin qu’il cherche à révéler sa créativité, sa singularité, sa vérité, à le rendre libre et autonome, telle est ma quête. Je le place face à son désir, à son urgence à dire quelque chose de lui, du monde, à travers une matière qui n’est pas née de sa pensée.

Qu’est ce qui vous a marqué dans cette classe ?

Leur joie de donner à un rêve la possibilité de se penser, que la question du théâtre puisse se formuler pour eux comme la voie possible, qu’elle ne soit pas réservée à une classe ou culture dominante. Joie de se frayer un passage vers une reconnaissance, une légitimité à être sur scène. La vitalité de ces jeunes acteurs, leur désir ardent de jouer, d’apprendre, leur singularité de parole non entravée par le social ou le formatage théâtral.
La prise de conscience rapide pour certains que la scène est un endroit d’engagement, de défense d’une parole. Un lieu politique au sens large. Un exutoire cadré.
Le désir de porter à la scène des thématiques, des univers, des problématiques qui les concernent, qui parlent de la complexité de notre temps. La richesse des différentes préoccupations et représentations du monde, des univers et références variées. Une bienveillance et le sens du partage. (Quand on n’a rien il est plus facile de partager, c’est paradoxal mais c’est une réalité que je constate chaque année).
En faisant ce travail pour la classe préparatoire, l’idée s’est cristallisée en moi que notre République peut et doit mieux accepter sa diversité culturelle et sociale, et que cela n’implique nullement de renoncer à son universalité.

propos recueillis en octobre 2020


+ promotion 2019-2020

Les belles réussites de la 2e promotion
La Classe Préparatoire Théâtre « Égalité des chances »  a permis à 7 des 9 élèves de la 2e promotion (année scolaire 2019/2020) d’accéder à 4 des plus grandes Écoles supérieures d’art dramatique d’Europe :
– Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris : Anysia Mabe
– École du Théâtre National de Strasbourg : Juliette Bialek, Hameza El Omari
– Conservatoire Royal de Liège : Onur Aydin, Joseph Colonna, Kenza Zourdani
– Bridge Theater Company (Londres) dans le cadre d’une bourse d’études : Prune De Moya

Trophées de la Culture de la Ville de Mulhouse
Les élèves de la promotion 2 de la Classe Préparatoire se verront remettre collectivement le Trophée de la Culture 2020 de la Ville de Mulhouse le 18 novembre 2020.

Les intervenants pédagogiques en 2019-20 :
Blandine Savetier (responsable pédagogique de la Classe Préparatoire) et Julie Pilod, Irina Solano, Claude Buchvald, Christian Colin, Bruno Boulzaguet, Marc Proulx, Akiko Hasegawa,
+ pour une période d’atelier l’Open Program du Workcenter of Jerzy Grotowski and Thomas Richards.

Mises en situations professionnelles de ces élèves :
Les élèves de la promotion 2 de la Classe Préparatoire ont déjà eu l’occasion de se trouver en situation professionnelle dans le cadre de « La traversée de l’été du TNS » et du lancement de la saison 2020/2021 de La Filature :
– Les Voyages d’Ulysse dans l’Odyssée : spectacle de Blandine Savetier d’après L’Odyssée d’Homère, présenté par le Théâtre National de Strasbourg dans plusieurs lieux du Bas-Rhin durant l’été 2020 et en journée d’ouverture de la saison de La Filature en septembre 2020
– Spectacle Lettre à ma ville 2020 en ouverture de la saison 2020/2021 de La Filature : lecture aux côtés d’Abd Al Malik de lettres de Mulhousiens (écrites suite à la crise sanitaire très violente dans le Haut-Rhin)