La Filature

Table ronde – Les écritures du Monde

Thomas Huot-Marchand, Morgane Pierson & Nosfell

sam. 16 janv. 2021 20h00
en ligne
1h30

Table ronde « Les écritures du Monde » présentée en version numérique dans le cadre du festival les Vagamondes samedi 16 janvier à 20h. Cette rencontre sera suivie de la série documentaire L’odyssée de l’écriture de David Sington.


Les intervenants de la rencontre :
Thomas Huot-Marchand, directeur de l’ANRT (Atelier National de Recherche Typographique, Nancy)
Johannes Bergerhausen, designer graphique, professeur de typographie à l’université de Sciences appliquées à Mayence
Morgane Pierson, designeuse graphique, chercheuse à l’ANRT et à la Bibliothèque nationale de France (BnF)
Nosfell, musicien, chanteur (qui présente son spectacle Le Corps des songes dans le cadre du festival)


Cliquez ici à 20h pour découvrir en ligne cette rencontre. 


En replay jusqu’au 31 janvier
Table ronde « Les écritures du Monde » rencontre présentée version numérique VIDÉO
Films L’odyssée de l’écriture  la saga documentaire de David Sington VIDÉOS


Programme

Introduction à la table ronde. Thomas Huot-Marchand et Johannes Bergerhausen proposent de déployer un propos général et didactique sur la diversité des écritures dans leur histoire et dans leur actualité.
Présentation de l’Atelier National de Recherche Typographique, 3e cycle de l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, par son directeur Thomas Huot-Marchand.
Présentation d’un cas concret de recherche en typographie par Morgane Pierson, jeune diplômée de l’ANRT, chercheuse spécialiste des premiers systèmes d’écriture en Mésopotamie, dont le travail porte sur la réactualisation d’écritures disparues ou minoritaires.
Présentation du projet The Missing Script, qui a pour but de valoriser la variété des écritures du monde, par Johannes Bergerhausen.
Présentation par Nosfell du Klokobetz, la langue imaginaire de ses chansons dont il a enseigné le protocole d’écriture au typographe Jérémy Barrault, qui en a en retour proposé une typographie et un clavier dédié.
Les intervenants abordent en conclusion la question de la réappropriation par des artistes de l’écriture envisagée comme une matière vivante.


Les intervenants

Thomas Huot-Marchand (1977) vit et travaille à Besançon. Après son diplôme à l’école des Beaux-arts de Besançon, il intègre l’Atelier national de recherche typographique (ANRT), où il étudie la création de caractères typographiques (Peter Keller, Jean Widmer, Hans Jurg Hunziker, André Baldinger & Philippe Millot). Il y dessine Minuscule, un caractère pour les très petits corps, qui a reçu ensuite plusieurs prix internationaux (Type Directors Club de New York en 2005) et désigné en 2010 comme l’un des «Ten typefaces of the decade». En 2006-2007, Il est pensionnaire à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Entre 2002 et 2012, il enseigne le design graphisue et la typographie à l’Institut supérieur des Beaux-arts de Besançon et à l’Ecole d’art et de design d’Amiens. En 2012, il est nommé directeur de l’ANRT, 3e cycle de l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy. Il publie en 2016 le catalogue ANRT Archives, 1985-2006. Il dessine en 2017-2018 Minérale, également primé par le TDC et Typographica, puis Garaje (2020), tous deux distribués par 205TF.
Membre de l’Alliance graphique internationale entre 2010 et 2020, ses travaux sont conservés dans les collections du Centre national des arts plastiques (Cnap), du Musée national des arts décoratifs de Paris, de la Bibliothèque nationale de France (BnF), du Centre Pompidou, du Centre national du graphisme de Chaumont et du Museum für Gestaltung de Zürich.

Johannes Bergerhausen (1965) a étudié le design de communication à l’université des Sciences appliquées de Düsseldorf. De 1993 à 2000, il a vécu et travaillé à Paris, entre autres avec Gérard Paris-Clavel et Pierre Bernhard. En 1998 il a reçu une bourse du Centre National des Arts Plastiques pour son travail de recherche sur le code ASCII. Il a été invité pour des conférences à Amiens, Beirut, Berlin, Bruxelles, Dubaï, Francfort, Londres, Paris, Prague, Rotterdam, San Francisco et Weimar.
En 2000, il est rentré en Allemagne et a ouvert son atelier à Cologne. De 2000 à 2002, il a été chargé de cours à l’école supérieure professionnelle de Düsseldorf et depuis 2002, il est professeur de typographie à l’université des Sciences appliquées de Mayence. Depuis 2004, il participe au projet decodeunicode.org, mis en ligne en 2005. Il travaille actuellement sur une fonte cunéiforme numérique.

www.designinmainz.de
www.decodeunicode.org
www.gutenberg-intermedia.de
www.fh-mainz.de/gestaltung

Morgane Pierson est designeuse graphique, chercheuse spécialisée dans le développement de systèmes d’écriture anciens, minoritaires ou non encore encodés. Après avoir rejoint le projet The Missing Scripts en tant qu’étudiante chercheuse à l’ANRT en 2017, elle a conçu la première police pour Elymaic, un ancien système d’écriture d’Iran, nouvellement unicodé. Elle développe actuellement une police multi-script pour le projet PIM (police pour les inscriptions monétaires) dont l’objectif est la création d’une police de caractères pour transcrire, publier et analyser de façon satisfaisante et uniformisée les inscriptions monétaires. Ce projet est mené par le Département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France (BnF) en collaboration avec l’ANRT.

Nosfell. Au début des années 2000, Nosfell, autodidacte, chanteur, compositeur, multiinstrumentiste, apprend son métier sur le terrain, en se confrontant à tous les lieux (bars, clubs, rues) et les publics qui vont avec. Peu à peu, il raffine un équilibre unique entre travail vocal et un accompagnement instrumental sophistiqués, tout en développant un univers littéraire très personnel. Après un long séjour au Japon, au cours duquel il écume les petits clubs de Tokyô et Kyôto où il rencontre des musiciens comme Nasuno Mitsuru et Katan Hiviya, il accumule les récompenses et critiques dithyrambiques. Les musiques populaires sont la base de sa culture. Ses humeurs musicales se colorent selon un imaginaire très personnel. Pour cet ancien étudiant en langues orientales, rien de plus évident que de jouer avec les mots, les sons et leurs sens. Son univers onirique et baroque, souvenir revisité et méticuleusement travaillé d’histoires racontées par son père, est servi par un registre vocal d’une grande souplesse et amplitude. Surfant entre des aigus suaves et des graves très sombres, sans jamais perdre la qualité intime de son chant, Nosfell module les nuances en se jouant des stéréotypes et des clichés masculins-féminins. Son engagement physique, sa façon d’incarner la musique, le poussent naturellement à collaborer avec des danseurs et chorégraphes. Par Rosita Boisseau